Traitement de la mérule

La mérule pleureuse (Serpula lacrymans), plus communément appelée « champignon des maisons » ou encore « champignon des charpentes », est sans conteste l’espèce de champignons lignivores occasionnant le plus de dégâts. 

Bien que souvent dissimulée derrière les revêtements des murs et du sol, on en détectera la présence par une apparence brunâtre du bois. Celui-ci finissant par se déliter en morceaux d’aspect cubique avant de s’effriter entièrement.

Origine et facteurs déclencheurs

Le mérule se développe si certains éléments sont réunis.

  • Le taux d’humidité en est la première cause. Dès 22% d’humidité dans une habitation, elle est dans un contexte propice au développement. Au delà de 40%, sa prolifération est limitée. L’utilisation d’un hygromètre peut vous aider à apprécier des taux suspects d’humidité.
  • Une température comprise entre 20 et 26°C favorise son déploiement. Toutefois, le champignon ne résiste pas aux grandes chaleurs.
  • Les espaces confinés et renfermés, non-aérés.
  • l’obscurité, les endroits inaccessibles.
  • Les émanations  ammoniacales ou vapeurs d’ammoniaque.

Le développement de la mérule se fait souvent après des dégâts des eaux. Ne négligez donc pas les travaux de rénovation si vous avez été victime de problème d’infiltration. De plus, si vous n’allez pas souvent dans les combles, prévoyez dans le cadre des traitement curatif  des bois contre les termites ou le capricorne, de demander aux professionnels d’inspecter les poutres à la recherche de mycélium ou de toute trace d’humidité.

Autrement dit, un bâtiment sain clos, couvert, ventilé et entretenu, sans fuites de plomberie, de gouttière ou de chenaux est à l’abri du mérule.

Dégâts occasionnés par la mérule pleureuse

Le mérule se nourrit de la cellulose du bois, plus exactement de la lignine. Une fois installé, le champignon va attaquer progressivement toutes les structures en bois de la maison : Les charpentes, les planchers, les plinthes, les boiseries… avec une affection particulière pour les bois secs résineux. Il s’immisce dans les murs, profitant des joints de ciment pour se disséminer dans le logement ou grâce à la propagation des spores. Petit à petit, il fragilise toutes les parties en bois grâce à la pourriture cubique, qui en détruit ses propriétés mécaniques.

Réagir vite dès les premiers signes de la mérule

Le champignon de mérule est très sournois. Il peut végéter pendant des mois voire des années, et se réveiller quand les conditions sont optimales. Il ne faut donc pas passer à côté de quelques indices de sa présence dans votre logement, et prendre rapidement les bonnes initiatives en demandant un diagnostic pour limiter les risques de proliférations.

Même si vous n’êtes pas expert, certains éléments ou transformations dans votre maison devraient vous alerter.

  • Une forte odeur de champignons, comme une odeur de sous-bois caractéristique
  • La présence de spores oranges sur votre mobilier ou au sol
  • Un plancher déformé ou présentant des marques brunes
  • Des plinthes en bois déformées ou boursouflées
  • Des auréoles jaunâtres ou foncées sur un plafond en plâtre
  • Une cloison de doublage qui fait apparaître des traces, des auréoles, ou des boursouflements de la peinture ou de la tapisserie
  • Des bois de charpente ou solives de plancher qui montrent des traces de pourriture cubique (le bois se délite en créant des fentes et petits cubes carrés ou rectangulaires)
  • La présence d’amas cotonneux ou de filaments blancs sur les pierres ou les parpaings dans votre sous-sol

Dès que vous faites face à ces premiers signes de mérule (ou encore de coniophore), dites-vous qu’une action rapide est nécessaire.

En savoir plus sur la méthode de traitement de la mérule.

Traitement et destruction de la mérule

Le traitement de la mérule ne peut être improvisé. Seule une entreprise spécialisée pourra prodiguer un traitement fongicide adéquate et assurer son éradication. La lutte contre le champignon ne pourra se faire de façon pérenne uniquement si un ensemble de conditions sont réunies et si un diagnostic clair a été établi. Pour exterminer ce fléau, des examens complets seront effectués :

  • Contrôle de l'humidité à différents endroits de la maison (une cave humide)
  • Recherche d’infiltration dans la toiture et les maçonneries et de fuites d’eau
  • Recherche de présence de salpêtre et/ou de remontées capillaires : il faudra dans ce cas traiter et assécher les murs